Monique MACKIW, Présidente d’ADEFA
OUTRE SA FONCTION DE DRH ADJOINTE DU GROUPE AG2R LA MONDIALE, MONIQUE MACKIW, 58 ANS, MULTIPLIE LES ENGAGEMENTS PATRONAUX ET BÉNÉVOLES. S’INVESTIR DANS SON MÉTIER ET DONNER DU TEMPS AUX AUTRES SONT POUR ELLE UNE SOURCE D’ÉQUILIBRE. ENTRETIEN AVEC UNE FEMME ENGAGÉE ET ENTHOUSIASTE.
Quel est le sens de votre engagement ?
D’un point de vue personnel, je suis la fille d’un immigré polonais de la 3èmegénération. Mon père était mineur de fond. Jeune, j’ai été aidée par l’État qui m’a accordée une bourse d’études grâce à laquelle j’ai pu entreprendre des études de droit à l’Université de Lille 1 puis à Paris-Dauphine où j’ai obtenu un DESS en contrôle de gestion des organismes financiers et bancaires. J’ai toujours voulu rendre à la région ce que la région m’avait donnée. Mon engagement auprès d’ADEFA me donne la possibilité d’aider à la fois les jeunes à trouver du travail et les entreprises des compétences. Tout cela fait sens avec ma trajectoire de vie. Bien sûr, je ne peux concilier mon activité professionnelle avec le mandat ADEFA qu’avec le soutien et le professionnalisme des équipes et de son directeur, et c’est un vrai plaisir aujourd’hui.
Comment cet engagement s’est-il peu à peu construit et que vous apporte-t-il ?
En 2010, lors de mon arrivée au sein du Groupe AG2R La Mondiale, la Fédération Française de l’Assurance m’a proposé un mandat de correspondant régional. C’est à partir de là que j’ai intégré le conseil d’administration du MEDEF régional qui, à l’époque, était constitué de nombreux patrons d’entreprises et de peu de DRH, de beaucoup d’hommes et de peu de femmes. En 2012, Frédéric Motte m’a proposé la présidence d’ADEFA, une mission que j’ai acceptée avec plaisir et fierté. J’ai développé une appétence et un savoir-faire pour le secteur de la formation qui m’ont permis d’accepter ensuite d’autres mandats et notamment ceux de membre du conseil d’administration de Formasup et membre du Conseil Académique de l’Éducation Nationale. Mon engagement auprès d’ADEFA est enrichissant puisqu’il me donne l’occasion de travailler en étroite collaboration avec tous les acteurs du secteur de la formation : état, région, académie, entreprises, centres de formation. De manière générale, cela m’apporte une grande ouverture d’esprit et permet de me confronter à l’industrie, à la grande distribution, bref à d’autres secteurs qui font face à des enjeux plus brutaux que celui de l’assurance. Bien sûr, ces rencontres me permettent également d’enrichir mon réseau professionnel et institutionnel.
Comment faire face à l’inadéquation constatée entre la formation des jeunes et les besoins des entreprises ?
Tous les acteurs de l’emploi et de la formation ont cette volonté partagée de mettre les jeunes à l’emploi mais l’orchestration est difficile. La solution ? Mettre tous les acteurs autour de la table pour travailler ensemble sur les problématiques de territoire et des entreprises et voir quelles synergies et actions entreprendre. Nous devons partager une même vision et rechercher une meilleure cohérence pour une action commune. Néanmoins, je constate que le décalage entre le monde académique et le monde de l’entreprise est en train de se réduire. L’entreprise doit s’ouvrir à l’enseignement et inversement. Les initiatives et actions menées en région vont dans ce sens mais il faut accélérer la cadence