Parole de mandataires

LOUIS-PHILIPPE BLERVACQUE, Conseiller CESER Hauts-de-France

    A 49 ANS, LE PRÉSIDENT DU GROUPE AUDDICÉ, IMPLANTÉ À ROOST-WARENDIN, MÈNE DE FRONTS DIFFÉRENTS MANDATS RÉGIONAUX. ENTRETIEN AVEC UN CHEF D’ENTREPRISE PASSIONNÉ ET ENGAGÉ AVEC FERVEUR POUR LE DÉVELOPPEMENT LOCAL ET DURABLE.

    Vous êtes investi depuis de nombreuses années dans différents mandats. Comment cet engagement s’est-il construit ?
    Cet engagement trouve sa légitimité dans mon métier de chef d’entreprise. Il s’est construit petit à petit depuis une vingtaine d’années. En 1996, j’ai rejoint la société Airele, devenue Auddicé Environnement, en tant qu’ingénieur environnement. En 2003, j’ai pris la gérance de l’entreprise dont le créateur Dominique Cabonnel m’a demandé de le représenter au MEDEF. En 2004, au cours d’une formation en management d’entreprise au sein de l’Institut des Managers de la CCI Artois, j’ai mis un premier pied dans le réseau des chambres consulaires. En 2006, suite au décès brutal de Monsieur Carbonnel, j’ai repris l’entreprise ainsi que la société Environnement Conseil : le groupe Auddicé, qui comprend aujourd’hui quatre filiales, a ainsi été créé.
    Depuis 2007, je mène deux engagements parallèles : au sein du MEDEF en tant que secrétaire du MEDEF Douaisis et administrateur du MEDEF Grand Lille (depuis 2013) ; à la CCI (en tant que mandataire MEDEF), je suis arrivé en cours de mandat en 2007 en tant que membre associé. De 2010 à 2015, j’ai été élu de la CCI Grand Lille et membre du bureau puis élu à la CCIR Hauts-de-France. Depuis début 2016, je suis vice-président de la CCI Grand Lille et président de la Commission territoriale du Douaisis, et président de la Commission REV3 de la CCIR Hauts-de-France.

    Depuis le 1er janvier 2018, vous êtes également conseiller au CESER Hauts-de-France. Quelle est votre mission ?
    En tant que président de la commission REV3 et très investi au MEDEF comme à la CCI, le président de la CCIR Philippe Hourdain a en effet proposé que je figure parmi les représentants CCI au CESER. Je mets au service de cette mission ma vision de chef d’entreprise, ma connaissance d’un territoire, le Douaisis, et mon engagement REV3 qui inscrit la région dans une dynamique de transition à la fois énergétique, écologique et économique.
    Au sein du CESER, je mène actuellement deux engagements distincts : au sein de la Commission C2 « Développement économique – International – Recherche », je suis rapporteur d’une contribution en lien avec le littoral. Elle vise à mener une réflexion sur le niveau d’autonomie que nous pourrions atteindre sur les territoires littoraux en matière d’énergie, en développant les énergies renouvelables, si possible avec des entreprises du territoire pour créer de la valeur et de l’emploi. Un rapport global sur la place du littoral dans la région sera d’ailleurs publié cet automne. J’anime également le réseau des correspondants REV3 dont la mission est de pouvoir faire le lien entre la dynamique REV3 et ce qui se fait dans les travaux des différentes commissions CESER. Pour les mois à venir, le CESER a proposé à la mission REV3 de travailler sur trois axes essentiels : l’appropriation citoyenne de REV3, le sujet de la sobriété et le lien avec la recherche.

    Y-a-t-’ il des connexions entre vos mandats et votre engagement professionnel ?

    De manière générale, s’investir dans des organisations patronales apporte une vision globale des problématiques rencontrées par mes collègues chefs d’entreprise, ce qui est source d’enrichissement personnel. L’un des 5 piliers de notre politique RSE est d’ailleurs de « s’engager dans le développement local » : j’encourage tous mes collaborateurs à le faire. J’ai par ailleurs des engagements en lien avec REV3 qui portent sur des sujets que je maîtrise au quotidien, cela me donne un éclairage utile, une vision, une culture qui me permettent d’être plus efficace en tant que chef d’entreprise. J’en tire une veille technologique qui me permet d’anticiper les tendances et de nourrir mon entreprise. Même si, je le précise, cet engagement est totalement désintéressé puisqu’il me coupe de facto des marchés de la CCI.

    Comment menez-vous tout ça ?
    J’ai une certaine capacité à déléguer : mon entreprise est organisée en plusieurs filiales, elles-mêmes découpées en unités de production pilotées par des responsables autonomes. Je peux donc me dégager plus de deux jours par semaine pour ces différents mandats.

    Extrait Influx#36 septembre